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Touriste à Bruxelles : bienvenue dans la 4ème dimension !

Les Français aiment bien se moquer des Belges… qui leur rendent bien. Après avoir passé une première journée dans leur capitale, je ne vous parlerai pas de la magnifique Grand Place, étourdissante par ses flamboyances gothiques, ni du Manneken-Pis qui rassemble une foule plus compacte que celle devant la Joconde au Musée du Louvre. Non, je vais vous parler des situations dans lesquelles je me suis trouvé tout au long de la journée pour manger, boire et dormir en Belgique.

En arrivant à l’hôtel, je me vois octroyer une chambre avant l’heure prévue, ce qui me met de bonne humeur car rien n’est plus démoralisant que d’attendre dans un hall entouré de valises. Le sourire aimable et les explications professionnelles de l’hôtesse d’accueil me mettent en confiance quant au service impeccable dont je vais bénéficier durant mon séjour. Muni de la carte sésame pour entrer dans ma chambre, je m’aperçois qu’il faut aussi la mettre dans un lecteur pour faire démarrer l’ascenseur. Ca ne fonctionne pas. Je veux ressortir de l’ascenseur en appuyant sur le bouton adéquat, deux flèches opposées, et non seulement la porte ne s’ouvre pas, mais une sirène stridente se met à sonner !

Arrivé devant ma chambre par l’escalier, j’ouvre la porte avec la fameuse carte qui fonctionne ce coup-ci. Mais voilà, je suis agressé par une odeur de bouc avant de  découvrir un lit défait, des fringues qui traînent et des valises dans l’entrée. La chambre est occupée ! Je me retire sur la pointe des pieds pour retourner à la réception, toujours par les escaliers. J’avais pris un hôtel multi-étoilé dans le groupe Marriott, en principe du sérieux, mais on m’apprend que c’est la faute de l’informatique. Ouais, ouais, ouais, c’est sûrement l’informatique qui aussi oublié de nettoyer la chambre... J’en profite pour prendre connaissance des arcanes du business hôtelier et les différences entre les statuts « check out » et « prepared ». On est désolé, on ne comprend pas ce qui a pu arriver. Heureusement que les locataires n’étaient pas en train de se faire un câlin… On me trouve une autre chambre, une corbeille de fruits sera livrée avec une bouteille de vin, on me demande même si je préfère le blanc ou le rouge. J’ai failli expliquer que mon estomac ne supporte que la Romanée Conti, mais bon, je suis resté bon prince.

Ca, c’était pour l’hôtel. Etant en Belgique, il était indispensable de gouter à la boisson nationale, j’ai nommé la bière. Les terrasses bondées ne m’ayant vaincues, je m’installe à l’une d’elle au moment où une table se libère, laissant deux verres vides. Au bout de dix minutes, la serveuse jette un coup d’œil, voit les verres utilisés, s’imagine sans doute qu’ils me concernent et repart. Quand enfin elle vient juste qu’à moi, je sollicite de sa haute bienveillance une carte, n’imaginant pas commander sans avoir parcouru les nombreuses pages de déclinaisons blondes, brunes, blanches, rousses ou ambrées. Au bout d’un temps m’ayant permis de parcourir trois fois la liste des centaines de bières, elle n’a toujours pas réapparu. Elle revient enfin, pour m’expliquer qu’il y a eu un problème de tireuse qui a stoppé le service. Bon, commande, livraison, rapide cette fois, paiement, tout aussi rapide, monnaie sur la table. Le temps d’y jeter un coup d’œil et de faire fonctionner mon cerveau gauche, je m’aperçois qu’il y a un Euro de trop. Ayant décidé de ne pas laisser de pourboire compte-tenu du service déplorable, mais ne voulant pas amputer une partie des maigres revenus estivaux de cette étudiante, je la hèle désespérément pour lui rendre son dû. Peine perdue, elle a disparu et je ne la reverrai plus.

Quand arrive le repas du soir, je crois avoir trouvé un restaurant agréable, accueillant, loin de la foule des touristes, au décor moderne et épuré, avec vue directe sur la cuisine et les plats qui s’y préparent, ce qui me change des argentina-urugay-bresilian steackhouse bruyants des jours précédents à Amsterdam. Cuisine italienne, aussi sérieuse que la française. Le serveur vient prendre la commande. Deux libellés en italien sur la carte sentent bon le basilic et la tomate, mais je me renseigne quand même quand au contenu des plats. Le jeune homme m’apprend qu’il est nouveau et va se renseigner chez le cuisinier. Le choix est fait, carpaccio, cannellonis et spaghettis tomates basilic (on est deux). Il n’écrit rien mais revient au bout d’une minute pour confirmer le carpaccio en entrée. Deux minutes plus tard, il faut encore lui confirmer que c’est bien du carpaccio. Le carpaccio arrive avec des pennes aux olives. Retour en cuisine, discussion serrée avec le patron, les spaghettis arrivent. Je n’ai jamais vu les cannellonis.

Pour le vin, c’est encore plus loufoque. Le Montepulciano rouge commandé n’est plus en stock, il nous en propose un autre, soi-disant très proche… sauf qu’il est blanc ! Le patron s’en mêle à nouveau et nous dégotte un autre vin rouge des Abruzzes. Dommage qu’il soit à 25°C alors qu’il est préconisé d’être bu à 16°C.

En résumé, nous avons eu un plat non commandé, il manquait un plat commandé et nous avons bu du vin que nous n’avions pas commandé. Du coup, nous avons bu pour plus cher que le prix de ce que nous avons mangé.

 

Crédit textes et photos : © emmanuel cockpit

Touriste à Bruxelles : bienvenue dans la 4ème dimension !
Tag(s) : #Vie quotidienne

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