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N’attendez pas un film d’action avec courses poursuites et cascades, malgré la bande annonce montrant Ryan Gosling principalement derrière un volant. Ce n’est ni un remake de The Driver ni le nouveau Fast & Furious. Et ça vous évitera de porter plainte comme l'a fait une spectatrice aux Etats-Unis.

Drive, c’est l’histoire d’un homme solitaire, cascadeur le jour pour le cinéma et chauffeur la nuit pour les truands. Il est méticuleux, précis et déterminé. Sa vie croise celle d’une femme, de son jeune fils et de son mari qui sort de prison. Quelque chose change en lui et il décide de sortir de son isolement pour leur venir en aide et aussi pour ne plus être seul. Mais il ne contrôle plus tout, et ça ne se passe pas comme prévu…

C’est une histoire d’amour filmée comme dans In the mood for love ou Locataires, élégante, subtile et langoureuse. C’est un film à l’esthétisme et l’intrigue de ceux de Brian de Palma. Et c’est aussi un western comme L’homme des hautes plaines, avec sa thématique du traumatisme et de la vengeance aux résonances teintées de baroque.

C’est surtout surprenant et violent comme un Tarantino, mais on y parle bien moins. Ryan Gosling est énigmatique, déroutant et viscéral, et la force de sa présence se matérialise par ses dialogues dispensés au compte-goutte et ses sourires distribués avec parcimonie. Chaque geste et chaque regard portent le poids de leur signification qui ne laisse aucun doute au spectateur.

La mise en scène se goûte comme un délice visuel. Elle réussit à être à la fois contemplative tout en exprimant une violence inouïe, qu’elle soit imprimée dans les coups ou éclaboussée de rouge sur les figures. Angles de prise de vue, décalage des visages dans les plans ou souci du détail dans les décors, la réalisation est soignée, prenante et intrusive dans l’esprit du spectateur, elle lui remplit toutes les synapses de l’émotion. La musique envoûtante est aussi surprenante, comme l’électro de Kavinsky qui décale le ressenti des scènes.

Le réalisateur Nicolas Winding Refn croit viscéralement dans les pouvoirs du cinéma et le spectateur peut se laisser enchanter sans contrainte par la surprise et l’originalité. Drive, c’est un frisson et une émotion qui occuperont longtemps votre esprit.

 

Crédit textes : © Emmanuel Cockpit


Tag(s) : #Cinéma

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