Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

1-copie-3.jpg

 

Se mettre à la natation pourrait faire partie des bonnes résolutions de ce début d'année pour certains d’entre vous. C’est un sport complet qui détend et qui n’est pas traumatisant pour le corps. Pas de blessures, de contusions, de déchirures, d’entorses ou de fractures, à part se cogner la tête sur le bord du bassin en nage dorsale. Un équipement limité et des abonnements incitatifs ne viendront pas non plus exploser votre budget loisirs. Je la pratique depuis plusieurs années et je vous donne quelques conseils, parce que ce n’est toujours ce que l’on croit. 

Commençons par le maître-nageur. N’y allez pas pour lui, les légendes sont surfaites. On se demande comment certains d’entre eux ont eu leur diplôme. Ça devait être il y a longtemps. Je sais bien qu’un bassin de vingt-cinq mètres n’est pas très grand, mais j’ai parfois des doutes compte-tenu de leur physique plus en rapport avec une autre spécialité comme haltérophilie ou le lancer de poids. Je parle aussi pour les maîtres-nageurs femmes. En plus ils vous regardent avec des airs qui vous rendent instantanément coupable. Pourtant je suis bien passé sous la douche, je ne me mouche pas dans l’eau, je n’ai pas un truc suspect sur le corps et les élastiques de mon maillot de bain n’ont pas tous lâché.

Les enfants, c’est par tranches d’âges. Les enfants en bas âge sont avec les parents, en général dans le bassin qui leur est réservé et ça se passe bien puisque vous n’y mettez pas les pieds. Ce sont plutôt les ados, laissant exprimer leur spontanéité naturelle et dépensant leur énergie sans limite, qui vont entrer en conflit avec les catégories « papy et mamy » et « copines qui papotent ». C’est à savoir celui qui sautera le plus loin, éclaboussera le plus fort et ira le plus vite. Comme les cours de natation du collège ne sont pas encore bien assimilés, on assiste plutôt à des courses de baigneurs tentant d’échapper aux requins ou aux crocodiles, avec les mêmes cris d’ailleurs.

Les papys et mamys, ce serait bien s’ils pouvaient se regrouper aux mêmes périodes, surtout qu’ils ont le temps. Ils sont sympathiques, certes, mais ils sont lents, très lents, et ils changent de direction selon des trajectoires qui s’appuient principalement sur des diagonales. Les mamys ont des bonnets de bain qui permettront de les retrouver facilement au fond de la piscine. Les papys ont des ventres qui les dispensent presque de bouger les bras pour ne pas couler. Et ils sont issus de la génération post soixante-huitarde, alors ça ne les gêne pas de se doucher sans maillot de bain.

On trouve aussi les copines qui se rencontrent à la piscine pour papoter. Par deux ou par trois, elles nagent côte à côte, tout doucement, bien parallèlement. Et comme une piscine ça résonne bien, tout le monde profite de leur expérience sur les avantages de l’épilation intégrale ou le caractère détestable des collègues de bureau. Comme vous nagez plus vite, pour perdez parfois le fil des discussions, mais comme ce sont toujours les mêmes sujets, vous n’êtes jamais perdu.

Il y a évidemment toujours un champion en herbe. Il nage bien, c’est vrai, et vite aussi. Mais rien ne l’arrête. D’ailleurs vous n’avez rien à faire sur son passage, la piscine c’est pour les pros. Et quand ils sont à plusieurs, vous en êtes réduit à frôler le bord du bassin avec des sourires d’excuse, misérable petit vermisseau que vous êtes à troubler l’entrainement de futurs champions du monde !

Et puis on trouve les nageurs vitrines, ceux qui n’ont pas compris que la piscine est incompatible avec certains autres choix corporels : s’attacher les cheveux, c’est mieux, et  cela évite de les étaler tels des algues gluantes au contact infâme. Ils ont dû trop écouter « quand tes cheveux s’étalent, comme un soleil d’été, et que ton oreiller, ressemble aux champs de blé ». Inutile non plus de s’asperger d’eau de toilette ou de parfum. Je ne sais pas si l’humidité favorise les émanations olfactives, mais certains croisements dans le bassin titillent l’odorat des autres nageurs avec leurs exhalaisons suffocantes. Il y a aussi ceux qui ne prennent pas de risques tout en optimisant leurs mouvements : bonnet de bain, lunettes, pince-nez, gants « pattes de canard », bouchons d’oreille, palmes. En tout cas ils sont méconnaissables. C’est peut-être leur objectif ?

Ah j’ai oublié celle qui ne supporte pas d’être mouillée, au visage et sur les cheveux. Il faudrait la contourner de plusieurs mètres, ce qui veut dire qu’à partir de deux spécimens de cette catégorie dans le bassin, plus personne ne peux nager. Vous imaginez bien que le plaisir des autres nageurs est de passer brusquement au papillon ou au crawl au moment de les croiser. La piscine, c’est pour nager ou s’amuser, et pour cela il faut se mouiller ma p’tite dame.

Un conseil : privilégiez les périodes scolaires, mais en dehors des heures de cours. Ce qui ne laisse pas des créneaux gigantesques, compte-tenu des heures d’ouverture des piscines qui ne sont pas vraiment calquées sur celles des supermarchés. Entre midi et deux, quoi. Et n’allez pas noyer discrètement ceux qui vous gênent.

Crédit textes et photos : © cockpit

Tag(s) : #Portraits

Partager cet article

Repost 0