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J'ai un a priori : dans leur immense majorité, les gens font bien leur travail. Ce sont encore des humains, pour l'instant, qui régissent les choix importants de notre vie de citoyen. Si un panneau de limitation de vitesse m’invite à ralentir, c’est parce qu’une personne dont c’est le métier a réfléchi à la question. Et ce n’est pas parce ma voiture fait deux cent cinquante chevaux ou que je me considère comme un bon conducteur que j’ai plus de liberté. Le droit principal des conducteurs c’est d’aller où il veut, et son devoir essentiel, c’est de ne pas faire de morts et de blessés sur la route.

Car la liberté ne nous appartient pas, elle se partage. Comme tout le monde n’en a pas la même notion, il est nécessaire dans une société civilisée d’établir des consensus pour que ce partage soit le moins liberticide pour tous. En moins formel, ça s’appelle des lois à appliquer, des règlements à suivre et des obligations à respecter. Nous sommes entièrement libres de respecter les autres, mais pas pour faire ce qui nous plaît. Sinon il faut partir vivre sur une île déserte et manger des fruits cueillis aux arbres et des poissons pêchés à la main, tant qu’il y en a...

Juges, enseignants, médecins ou policiers sont des fonctions de pouvoir : pouvoir sur la liberté, l’esprit ou la vie. D’autres ont le pouvoir sur l’argent, l’information, le travail et la société : banquiers, journalistes, dirigeants d’entreprise et bien sûr hommes politiques. Même si certains pensent que le mot "députés" devrait se prononcer en séparant la première syllabes des deux suivantes, ce sont des femmes et des hommes que nous choisissons, ou pas, mais qui sont de toute manière nécessaires pour nous représenter.

Alors la démocratie c’est encore ce qu’on a fait de moins pire, tant qu’elle n’est pas utilisée à tort et à travers. Les "votations" populaires en Suisse n’empêchent pas le pays d’être très policé. Et devoir élire un magistrat ou un policier pourrait nous conduire vers une société plus sauvage, comme dans les westerns. C’est pour cela que les titulaires de ces fonctions, pour ne citer qu’eux, ont été recrutés principalement pour leurs compétences et leurs motivations.

Et si nous regardions les choses autrement ? En changeant d’angle de vue, d’éclairage et de cadrage. Le poids des mots peut parfois tout changer : au lieu de dire "forces de l’ordre", si nous disions "gardiens de la liberté" ? Ca ne fonctionne évidemment que dans une vraie démocratie. Mais c’est quoi une vraie démocratie ? Peut-être quand un maximum de citoyens sont tout simplement bien dans leurs vies. Me sentir bien parce que j’admets que tout ne m’est pas dû, que je sais faire la différence entre mes besoins et mes envies, et que les femmes et les hommes qui prennent des décisions pour moi peuvent se tromper.

Alors avec un peu plus de discernement, nous pourrions imaginer que faire huit ou douze ans d’études après le Bac pour un médecin n’a pas comme seul objectif des salaires imposables à l’impôt sur la fortune. Nous verrions que l’état nerveux des enseignants n’est pas généré par la machine à café autour de laquelle nous passons du temps à les conspuer. Nous constaterions que la vie professionnelle d’un policier s’imprime au burin dans sa vie privée. Et nous admettrions que les magistrats sont bien seuls face à leurs responsabilités, coincés entres des plaignants qui les saisissent pour la moindre contrariété de voisinage et des politiques qui cherchent à déséquilibrer les pouvoirs garantis par la Constitution.

 

Crédit textes et photos : © emmanuel cockpit


Tag(s) : #Société

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