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Qu’on en finisse avec ces situations et ces expressions qui trop polissent, qui adoucissent et qui glissent sur les réalités pour tomber dans une vis sans fin.

Que veulent les personnes qui ont perdu la vue ? Avant, on disait "aveugle", c’était évident. Puis le politiquement correct a voulu qu’elles soient définies comme mal voyantes ou non voyantes. S’identifier avec un mot contenant "mal" ou "non" sert à exprimer "ce qui n'est pas" au lieu de dire "ce qui est". C'est comme le fameux "rayer la mention inutile", où il faut réfléchir à ce que l’on ne fait pas pour déterminer ce que l’on choisit. Maintenant, il paraît qu’il faut dire "déficients visuels". Alors nous sommes 40 millions en France dans ce cas. Les personnes qui ont perdu la vue veulent avant tout être respectées et intégrées.

Comme il est grossier ! S’exprimer avec des "gros mots" a le mérite d’être net, même si cela heurte certaines sensibilités. C’est clair parce que tout le monde comprend et qu’il n’y a pas d’ambiguïté. C’est la réceptivité de chacun qui diffère : rire pour les uns, outrage pour certains et circonspection ou retenue pour d’autres. Et ne mélangeons pas grossièreté et vulgarité. La vulgarité, c’est un homme politique qui vous explique droit dans les yeux que "considérant les problèmes de notre société, il serait bon de se préoccuper de toutes les alternatives s'offrant à nous", juste avant de continuer à dilapider nos impôts. Dois-je dire "xyloglossie", "langue de bois" ou "langue de p…" ? Aurions-nous cru que les gros mots ne soient pas politiquement corrects parce que trop crus ?

Sans tomber dans l'insolence excessive, nous pouvons étendre le sujet au cercle familial ou professionnel pour en goûter à profusion. "Votre cadeau est magnifique, je suis très touché". Pas besoin d’en dire plus, vous voyez très bien ce que je veux dire. De même lorsque «ses qualités humaines et ses compétences professionnelles lui permettent d’assumer la présidence de cette prestigieuse institution" et qu’il s’agit du fils de machin.

Mœurs sexuelles, religions, nationalités : nous avons tous des points de vues. Et la liberté d'opinion fait partie des droits fondamentaux des citoyens. Bien. Sauf que "citoyens" et au pluriel parce nous ne vivons pas en ermites dans la société. Et si la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres, ce n’est pas parce que chacun possède la liberté, elle n’appartient à personne, mais parce chacun vit la liberté. La liberté ne relève pas de l'avoir mais de l'être. Elle ne peut donc pas commencer ni s'arrêter. Elle ne peut que se partager.

Le politiquement correct pose un voile sur la vraie vie. Cette attitude se veut pudique mais elle est tout simplement hypocrite. C’est un carcan intellectuel imposant des regards totalitaires sur des réalités tangibles et des évidences palpables. Pour l'historien américain Jacques Barzun, "le politiquement correct ne proclame pas la tolérance : il ne fait qu'organiser la haine". Et ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’Histoire…

A bon entendeur, salut ! 


 

Crédit textes et photos : © cockpit

Tag(s) : #Société

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