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Il y a quelques jours, je recherche les toilettes dans la gare d’une grande ville. Après avoir déambulé quelques centaines de mètres, j’arrive enfin devant une porte de verre dépoli, accueillante à souhait. Elle s’ouvre automatiquement et m’aspire dans un hall agréable qui respire l’aseptisé. J’ai dû me tromper, je suis dans l’entrée d’un centre thermal. Peut-être font-ils maintenant des massages dans les gares comme dans certains aéroports ?

Une jeune femme en blouse blanche et au sourire charmeur est à l’accueil. Mais elle ne m’accueille pas. Son sourire est destiné au mâle qui lui fait la conversation et dont les phéromones sont en communication totale avec son maquillage. Je tairai la couleur de ses cheveux car ça n’a rien à voir avec la suite. J’ai donc le temps de me remettre et de constater que je suis malgré tout au bon endroit. Au dessus d'une assiette ornée d'un délicat napperon, une pancarte réalisée avec un logiciel professionnel de publication assistée par ordinateur me confirme qu’il y a une obole d’un euro à verser, avant de verser ce pour quoi je suis venu et sans en reverser à coté s’il vous plait.

Wouaw ! Plus cher que le café au distributeur ! Bon d’accord, je n’ai pas le choix, mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Je tente de perturber la communication chimique des préposés par un « Bonjour madame » péremptoire. Mon inconscient de mâle a-t-il détecté spontanément que c’était la dame à qui il fallait s’adresser ou est-ce la blouse blanche qui a supplanté toute tentative de raisonnement ? Toujours est-il que les deux préposés tournent comme deux clones leurs têtes vers moi, pas trop contents de mon intrusion dans leur séance de séduction vibratoire.

- Pourrais-je avoir une facture pour le paiement du service ? je leur demande, l'air ingénu et imaginant déjà les bourrasques dans leur tête pour stipuler le libellé de la prestation.

Les yeux de la fille se mettent à refléter la tempête de ses neurones sous le feu de cette agression matinale. Le type fronce les sourcils et je vois s’écrire en lettres lumineuses dans son regard un « Tiens v’la mon premier con d’la journée ! »

N’obtenant pour toute réponse que deux bouches ouvertes sur des plombages premiers prix, je tente une explication sur les règles commerciales qui régissent tout échange de service. Le gars se met quand même à réfléchir à ce que je dis, en prenant un air de bodybuilder qui chercherait une solution pour sortir par la porte devenue trop petite pour ses épaules devenues trop larges après une séance trop longue. Les neurones de la fille sont toujours en mouvement brownien, un peu comme les premiers jeux vidéo sur TV, mais sur la vitesse mini, bien sûr.

Constatant le degré d’effarement grandissant sur leurs deux visages, je réalise qu’ils commencent peut-être à prendre ma demande au sérieux.

- Mais monsieur, nous ne pouvons pas faire cela ! Il n’y a pas de caisse ici.

- Ah bon ? Et où mettez-vous l’argent alors ? je leur rétorque.

J’ai bien envie de rajouter cyniquement « dans vos poches », car je serais étonné qu’il y ait des compteurs…

J’insiste lourdement :

- Vous n’avez pas un petit carnet à souches pour des factures manuelles ?

- Non, monsieur, il faut aller à un guichet de la gare.

J’ai également envie de rajouter que ce n’est pas le papier qui manque ici, mais bon…

- Alors comment fait-on ? je conclus sans lâcher un centimètre.

- ??? !!! me répondent les vibrations des préposés.

Tout cela ayant pris du temps, je regarde machinalement l’heure et constate que mon train doit être arrivé sur le quai.

- En fin de compte, je vais attendre d’être dans le train… Bonne journée !

 

Crédits photos : morguefile


Tag(s) : #Vie quotidienne

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