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Le concept de présomption d'innocence implique que toute personne est réputée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été légalement établie. 

 Ca c'est la théorie. Le film Présumé coupable retrace l'histoire d'un homme arrêté avec sa femme et plusieurs autres personnes, pour des actes de pédophilies qu'ils auraient commis. C'est l'affaire d'Outreau, vue par Alain Marécaux, auteur du livre qui a servi de base au film.

Cet homme sera broyé par la machine judiciaire, représentée par un juge d'instruction inexpérimenté, suffisant et glacial, épaulé par des magistrats sans discernement. Une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque écrasera sa vie et de celle de ses proches. Quand vous êtes présumé coupable, tout est bon pour vous enfoncer. Même les gestes de tendresse appuyés avec vos enfants seront utilisés par des policiers en mal de résultats.

La mise en scène de Vincent Garenq est très réaliste sans tomber dans le documentaire qui éloignerait le spectateur du sujet. Philippe Torreton qui interprète Alain Marécaux est présent dans toutes les scènes et réussit à nous transmettre cette vision poignante d'un homme seul et de son vécu. L'atmosphère intense et les couleurs glauques marquent la descente aux enfers de cet huissier de justice présumé pédophile et homosexuel, incarcéré plusieurs années. Pas vraiment une carte de visite à distribuer en milieu carcéral.

Le film est porté par la détresse intense de Philippe Torreton. Il vendra son étude et sa maison pour payer son avocat, sera privé de ses enfants pour ne pas faire pression sur eux. Plusieurs tentatives de suicide, un internement psychiatrique, des lettres aux plus hauts personnages de l'Etat et une grève de la faim lui permettront in extremis d'attendre son procès sous contrôle judiciaire. L'accusation basée sur un mélange de stupidité humaine, de manipulation maternelle et de mythomanie enfantine achèvera de nous mettre mal à l'aise.

Un film choc sans musique qui pousse le spectateur à rechercher l'émotion bien plus loin. L'histoire serait sortie de l'imagination d'un scénariste, le public aurait pu avoir des doutes. Mais la réalité dépasse parfois la fiction. Dans Outreau, il y a "trop" et surtout "outrance" et "outrage". Comme un mot prédestiné.

 

Crédit textes : © Emmanuel Cockpit


Tag(s) : #Cinéma

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