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On parle beaucoup des cons et j'’ai aussi mes petites idées sur le sujet…

Précisons en préambule que le titre est au masculin pour un aspect pratique, mais la description qui suit ne saurait se limiter à ce seul genre. Il est nécessaire d’étendre notre vision aux hommes, aux femmes et aux enfants, aux jeunes et aux vieux (des précisions seront données ultérieurement sur ce point), sans occulter bien sûr les personnes les plus intelligentes.

C'est quoi exactement un con ? Ils sont un vaste sujet. Einstein, qui était quelque part dans le contexte, exprime sa vision : "l’intelligence a des limites alors que la bêtise humaine n’en connaît point". Le lecteur me pardonnera de ne pas retranscrire les citations mot à mot, néanmoins l’esprit de l’auteur est respecté.  

Gelück et son chat philosophe insiste sur le fait que les lois élémentaires des mathématiques sont dépassées dans ce domaine : "un type à moitié intelligent est en fait complètement con". 

Quant à Frédéric Dard et ses écrits fleuris, il nous rappelle que la limite est très ténue entre ce monde et celui des autres : "le problème avec les cons c'est qu'il faut être juste à leur niveau. Si tu fais trop le con, ils te prennent pour un con, et si tu tiens des propos qu'ils ne comprennent pas, ils te prennent aussi pour un con". 

 

La liste suivante n’est évidemment pas exhaustive. Elle permet de jeter certaines bases et d’animer un débat d’autant plus pertinent que le lecteur ne se reconnaitra en rien dans l’une de ces catégories. 

Nous commenceront par le gentil con. Il est aimable, d’un contact facile et très docile. Il s’intéresse à tout et sa crédulité permet de le duper facilement. Sa naïveté innée fait le bonheur des gros cons et des sales cons. Un sursaut de lucidité peut parfois lui faire prendre conscience de son état, mais sa gentillesse spontanée et sa docilité naturelle le replongent rapidement dans la douceur anesthésique de sa condition de résigné.

Proches du gentil con, il y a le pauvre con. Sous son air candide il passe pour un simplet aux mines gauches et aux propos niais, mais il est moins sympathique que le précédent. Ce n’est néanmoins pas de sa faute. Une éducation primaire et une ouverture d’esprit limitée le restreignent dans des attitudes en général inoffensives. Toutefois certains d’entre eux peuvent jouer une composition en bémol sur la partition tordue de leurs esprits sinueux. Un soupçon latent de stupidité génétique peut alors spontanément s’enflammer et les faire basculer vers le statut de sale con.

Le gros con est gros. Ce n'est pas de sa faute non plus, ni le fait d’être gros, ni celui d’être con. Et donc on ne peut pas vraiment lui en vouloir. Il ne sait d’ailleurs pas qu'il est con. Parfois il n’a pas non plus la sensation d’être gros. Pour lui, les autres évincent les caractéristiques essentielles d’une vie épanouie, basée sur les sensations du corps et non celles de l’esprit. Les gros cons restent attachés au stade oral, valeur primale de l’être humain, même si certains d’entre eux évoluent jusqu’au stade anal. Un des synonymes de gros cons peut être paysan. Attention, dans le stade oral il y a la pulsion de la morsure, ce qui en fait potentiellement des sales cons.

Le jeune con attire une sympathie naturelle, car son attitude se cantonne généralement dans des domaines sans importance pour la vie de la société. L’observateur se rappellera également que c’est un passage quasi obligatoire à une époque de l’existence. C’est son immaturité qui domine et la conscience lucide des autres lui concède facilement les circonstances atténuantes. Ce passage s’émoussera rapidement avec la pratique de la vraie vie. Il existe une variante, le grand con, qui se rapproche fortement du jeune con.

Le petit con est différent du jeune con. Il n’appréhende pas sa situation, car son nombrilisme incomparable lui renvoie une image éminente qui se traduit par des attitudes arrogantes et des propos dédaigneux. La réaction naturelle qui s’impose aux esprits clairvoyants se traduit immanquablement par une distribution de baffes. Les petits cons les plus intelligents risquent de persister dans leurs attitudes et de basculer vers le statut de sales cons.

Le vieux con a manifestement un âge confortable et sa traversée de la vie ne lui a pas insufflé l’inspiration nécessaire pour ouvrir son esprit, éclairer sa pensée et infléchir sa mentalité. En général il dispose d’un pouvoir au sein de sa famille ou dans la société et s'en sert pour étouffer les autres. Dans un éclair de lucidité, il perçoit parfois subrepticement que c’est un vieux con. Mais il y a peu d’évolution : il le restera. Alors il est toléré avec la bienveillance accordée aux anciens qui radotent.

La dernière espèce, le sale con, a été évoquée plusieurs fois, car ce n’est pas la moindre. Une étape intermédiaire pour y arriver peut être le passage par l'état de vrai con. Ça se passe au moment où vous découvrez que l'étendue de sa connerie ne s'y limite pas. Affirmons en priorité que c’est le plus dangereux, car il sait ce qu'il est, et il aime sa nature. Il est en général intelligent et toujours pervers. Il ne change jamais, sauf en pire. Son cynisme et sa malhonnêteté sans limites associés à son absence totale de moralité l’enferment dans un univers insalubre. Par sa suffisance sans appel et son orgueil démesuré, il méprise, terrorise et avilit son entourage. Le plus grave, c’est que deux sales cons trouvent des terrains d’entente pour associer leurs perversions et partager leur dictature. Ce sont des nuisibles.

Et rappelez-vous que nous sommes toujours le con de quelqu'un.


 

Crédit textes : © cockpit

Crédit photos : Jacques Villeret dans le film "Le dîner de cons"

 


Tag(s) : #Humeurs

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